vendredi, novembre 02, 2007

Claquer des thunes fais mal aux yeux

 

4b0048d57c85746621048ee076bd2d74.jpg

Viens de claquer un max de blé dans la boutique d'une marque de fringues italiennes, sobre et flashy à la fois, originale et souvent décalée, ….

La propriétaire est une bonne copine, commercialement brillante, observer ses ficelles est fun : retient les prénoms de ses bons clients, se souvient de leur dernière visite, conseille et flatte, déshabille et rhabille, pèse et soupèse du regard, caresse et encaisse. Je sors de la avec plusieurs pièces de tissu coloriés troquées contre le passage bref  et indolore d’une petite carte en plastique dans une petite fente, me demande tout à coup si ce n’est pas moi qui gagne au change ….

J’ai enchainé, et mon sens des priorités est purement géographique, avec la visite d’une galerie d’art qui expose un artiste peintre chinois, une grande toile représentant le Vésuve vu d’un promontoire de Naples éclaire et accapare mon regard.

J’essaye de m’expliquer cette attirance, il est vrai que pour moi une certaine idée du bonheur est une terrasse avec vue sur la baie de Naples,  mais c’est bien plus le coté figuratif qui me plait, les tons argent et ocre …. Et quelque chose de mystérieux dans la toile, sans arriver à la saisir, cette chose me fixe là …

Le galeriste futé et simiesque comme une vieille guenon qui a survécu à toutes les guerres ,à la colonisation, à la décolonisation, aux déforestations,  à l’homme noir, à l’homme blanc, aux câlins de King Kong et aux sollicitations de Tarzan quand Jane n’avait pas envie , décide de m’asséner le coup de grâce, il s’engouffre avec un sourire mystérieux,  dans  l’escalier menant à  son sous-sol, je l’entends marteler les marches du talon, me signifiant la progression de son périple, puis j’entends un cliquetis métallique et la miracle ..

La galerie est plongée dans le noir et la toile est vivante, éclairée de l’intérieur, elle capture le moindre rayon de lumière venu de l’extérieur pour irradier, elle irradie une chaleur pure, les couleurs ocre et argent semblent danser, semblent se compléter, le Vésuve semble brûler et je me souviens tout à coup de mes propres œuvres, que j’avais réalisées en y insérant des liserés de poudre d’argent, peintures sombres et sobres qui prenaient vie lorsque la lumière figée laissait place à la lumière des bougies …  Tout ce qui nous entoure serais différent avec la lumière du jour, sans les halogènes et spots qui nous empêchent de percevoir l’avancée de la journée ..

Plongé dans mes pensées, je me réveille avec le retour de l’éclairage, je m’enquiers du prix, il est exorbitant ( ex Orbitus) … me compose le visage du gars qui est pas, mais alors pas du tout intéressé, style « si tu me fais un papier cadeau et tu me l’offre je le prends pas ce tableau, qu’est ce que tu veux que j’en fasse ? ».  En même temps intérieurement je décide de repousser ma décision et la négo, me marre à la vue de la déception de la veille guenon qui tend des perches pour une négociation, que je repousse tout en me demandant, avec conviction, si dans la vie il ne faut pas, quand cela en vaut la peine, « sortir de son orbite » ?

La chute est simple, je suis sensible au beau, de retour au bureau j’ai essayé de bosser sans éclairage, résultat j’ai super mal aux yeux …

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://amesoeur.hautetfort.com/trackback/1296803

Commentaires

Please!

Send an email to the Brazil embassj in your country and report the injustice that the brazilian courts are making with this girl.

The resignation is to stop the evolution. (David Santos in times without end)

Thank you

Ecrit par : David Santos | vendredi, novembre 02, 2007

Il y a, sur les pentes du Vésuve, un gîte tenue par une drôle de bonne femme, mi-indienne, mi-artiste, qui domine la baie de Naples... Sinon, le Vésuve, c'est moche. en revanche l'Etna, ça a une sacré gueule...;-)

Ecrit par : Caillou | lundi, novembre 05, 2007

Ecrire un commentaire